Le Nigeria investit massivement dans son réseau national de fibre optique, le "Project Bridge", visant à connecter tout le pays grâce à un réseau à accès ouvert. Le Cameroun, lui, dispose de câbles sous-marins stratégiques (SAIL, SAT-3, NCSCS) et d'une dorsale terrestre vers le Tchad et la RCA. L'union de ces atouts représente une opportunité unique.
Avec le "Project Bridge", le Nigeria ambitionne de déployer près de 125 000 km de fibre optique, ce qui est un investissement important. L'objectif est de réduire la dépendance aux opérateurs de réseaux mobiles et de connecter les 774 zones de gouvernement local (LGA).
Le Cameroun se positionne comme un hub régional grâce à ses câbles sous-marins. Notamment, le câble NCSCS Lagos-Kribi qui offre une connexion à haute capacité.
Bénéfices potentiels d'un anneau golfe de Guinée
- Baisse des prix : L’ouverture des infrastructures et la concurrence accrue peuvent réduire les coûts de gros de 15 à 30 %.
- Résilience accrue : Un anneau transfrontalier assure une disponibilité du réseau supérieure à 99,95 %.
- Amélioration de la qualité : Un meilleur peering entre les points d'échange internet (IXP) nigérians (IXPN) et camerounais (CamIX).
- Désenclavement : Nouvelles routes compétitives pour desservir le Tchad et la RCA via Douala et Yaoundé.
Les défis à relever
- Accès ouvert effectif : Assurer un accès ouvert non discriminatoire aux infrastructures.
- Sécurité de routage : Renforcer la sécurité du protocole BGP pour éviter les détournements de trafic.
- Droits de passage : Simplifier les procédures d'obtention des droits de passage (ROW).
- Financement : Mettre en place des mécanismes de financement innovants (SPV, PPP).
Trois corridors clés pour connecter le Nigeria et le Cameroun
- Sous-marin: NCSCS Lagos–Kribi : Harmoniser les accès ouverts et garantir des backhauls fiables.
- Terrestre sud: Mfum–Ekok : Doubler la fibre le long de ce corridor routier.
- Terrestre nord: Banki–Amchidé : Créer une boucle sécurisée et redondante vers le Sahel.
Certains experts, comme Kendall Ananyi, PDG de Tizeti, mettent en garde contre le problème de la connectivité du dernier kilomètre. La dorsale ne suffit pas, il faut aussi développer l'accès local.
Le mot de la fin
Unir le "Project Bridge" nigérian aux atouts du Cameroun représente une occasion unique de booster la connectivité régionale. Ce projet, s'il est mené à bien, pourrait apporter un internet plus abordable et de meilleure qualité pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. On peut le faire !
