Le verdict et les recommandations

Synthèse des choix

  • L'opérationnel : Joshua Osih présente le seul programme ressemblant à un plan d'action ministériel.
  • Le systémique : Jacques Bouhga-Hagbe offre la vision la plus radicale pour réformer l'administration.
  • Le souverainiste : Cabral Libii est le seul à poser les questions géopolitiques de l'indépendance technologique.
  • Le continuiste : Paul Biya propose une approche prudente, axée sur la sécurité et la formation.
  • Les autres, entre généralités et silence, ne proposent pas d'alternative structurée.

Recommandations au futur président

La transformation numérique n'est pas un luxe, c'est un levier d'émergence.

  • Dans les 100 premiers jours : Commander un audit des infrastructures numériques existantes et publier une stratégie digitale 2025-2030 chiffrée, avec des indicateurs de performance mesurables.
  • La première année : Faire voter une loi-cadre sur l'économie numérique, créer un fonds d'amorçage pour startups doté d'un budget réaliste (5 milliards de FCFA), et lancer un pilote d'e-gouvernance sur trois services prioritaires (état civil, impôts, cadastre).
  • Sur le mandat complet (2025-2032) : Viser 70% de couverture 4G, dématérialiser 20% des services publics, doubler la part du numérique dans le PIB, et créer un CERT (Computer Emergency Response Team) national opérationnel.

Aux électeurs camerounais

Exigez des programmes détaillés, pas des slogans. Questionnez les candidats : « Combien allouez-vous au digital ? Sur quel calendrier ? Comment comptez-vous financer ? » La pression citoyenne est le seul rempart contre les promesses non tenues. Les hubs régionaux promis en 2018 dorment toujours dans des tiroirs ministériels. Le Cameroun peut-il se permettre sept années supplémentaires de stagnation digitale pendant que les voisins accélèrent ?

Stéphanie, dans son cybercafé de Douala, et Kevin, dans son appartement de Buea, attendent des réponses concrètes. Pas des slogans. Des budgets, des calendriers, des indicateurs mesurables. Demain, leur bulletin de vote pèsera autant que celui de n'importe quel autre citoyen.

L'économie numérique camerounaise se jouera dans les isoloirs. Et dans les cinq années qui suivront.

Aux partenaires techniques et financiers

La Banque mondiale et la BAD doivent conditionner leurs financements à la transparence. Les opérateurs télécoms doivent voir leurs obligations de service universel renforcées. La diaspora, riche en compétences, n'investira massivement que si des garanties juridiques solides protègent les entreprises et les données.

Comme le souligne l'analyste Hervé Kack, ce type d'analyse est un "levier démocratique puissant" qui permet aux citoyens de faire des choix éclairés. Le lendemain du scrutin, l'économie numérique camerounaise attend toujours son champion.

Rendez-vous dans sept ans pour le bilan.

Dans cette série :

Sources :

  • Programme officiel SDF 2025 (Joshua Osih), pages 139-143
  • Programme officiel RDPC (Paul Biya) 2025, page 6
  • Synthèse programme MCNC (Jacques Bouhga-Hagbe) + ouvrage KAMERUN
  • Programme officiel PCRN (Cabral Libii) 2025
  • Manifeste de Transition FSNC (Issa Tchiroma Bakari) 2025
  • Manifeste FDC (Hiram Iyodi), "12 Clés pour le développement", pages 1-2
  • Paradigm Initiative, Rapport droits numériques Afrique, octobre 2025
  • DW Afrique, dépêche campagne présidentielle, 8 octobre 2025
  • Données secteur télécoms Cameroun 2024 (taux pénétration internet)
  • Ordonnances présidentielles budget national 2025