Un projet pour transformer l’administration
Le Cameroun accuse un retard dans la gestion numérique de ses archives, un handicap qui freine la modernisation des services publics. Avec ce nouveau groupe de travail, le pays souhaite organiser une enquête terrain rigoureuse afin de disposer d’un état des lieux précis et guidé sur son système d’e-Government, un outil stratégique appelé à transformer les méthodes de travail administrative.
L’enjeu dépasse la simple modernisation technique : il s’agit aussi de garantir la souveraineté des données publiques, conformément aux principes d’indépendance, de sécurité et de transparence.
| Acteurs clés | Rôle principal |
| MINAC | Supervision générale et coordination du projet |
| MINPOSTEL | Fourniture des infrastructures numériques nécessaires |
| Groupe de travail interministériel | Réalisation des enquêtes, évaluation et recommandations |
| Direction des Archives Nationales | Coordination technique de la conservation électronique |
L’enjeu dépasse la simple modernisation technique : il s’agit aussi de garantir la souveraineté des données publiques, conformément aux principes d’indépendance, de sécurité et de transparence.
Les missions confiées au groupe de travail
Ce groupe réunit 36 experts de différentes administrations. Leur mission principale se décompose ainsi :
- Faire l’état des lieux des initiatives d’e-Government actuellement en place.
- Identifier les failles dans les systèmes d’archivage analogiques et numériques.
- Collecter le retour d’expérience des usagers, qu’ils soient citoyens ou agents publics.
- Proposer des solutions concrètes pour une meilleure gestion documentaire dématérialisée.
Cela implique un travail intense d’enquête sur le terrain, où il faut sortir des bureaux, aller à la base, interroger, observer et comprendre les difficultés rencontrées. Ce n’est qu’à cette condition que les recommandations seront solides, adaptées au contexte camerounais.
Pourquoi l’archivage numérique s’impose ?
Le système d’archivage traditionnel souffre de nombreux défauts : dégradation des documents, accès limité, longues procédures administratives. L’archivage numérique répond à ces problèmes par :
- Une meilleure conservation des données dans des centres sécurisés.
- Un accès rapide et facilité à toute information officielle.
- Une sécurité accrue contre les pertes, vols ou modifications.
- Une réduction des coûts grâce à la dématérialisation.
La loi nº2024/0001 du 24 juillet 2024 vient d’ailleurs renforcer cette orientation, imposant la transition vers des archives numériques centralisées, gérées sous l’égide des ministères concernés.
Ce qu’il faut garder à l’esprit
Le lancement officiel ne règle pas tout. Plusieurs défis restent à relever :
- Infrastructure : Le Cameroun a-t-il les serveurs et réseaux adaptés pour stocker en toute sécurité des volumes importants de données ?
- Compétences : Les agents publics sont-ils suffisamment formés aux nouveaux outils numériques ?
- Sécurité des données : Quelles garanties pour la protection des données personnelles et sensibles ?
- Coordination interministérielle : Comment éviter que chaque ministère travaille en silo et fragmente la dynamique ?
La réussite dépendra donc aussi de la capacité à surmonter ces points critiques.
Un tournant à suivre de près
Le groupe de travail interministériel lance une démarche enfin concrète vers une administration numérique au Cameroun, gage d’efficacité, de transparence et de souveraineté. Mais la route reste longue et semée d’embûches. Ce projet ne doit pas rester une simple annonce. Vos attentes, en tant qu’usagers et citoyens, imposent un suivi rigoureux.
Gardez un œil sur les avancées, exigez des résultats tangibles et rappelez que la donnée publique est un bien commun à protéger. La transformation numérique de l’administration camerounaise ne peut réussir qu’avec votre vigilance et votre participation active.
Source : CELCOM / MINAC
