À la veille de la rentrée scolaire 2026, CAYSTI Yaoundé remet en avant sa raison d'être. Apprendre aux enfants à coder, à construire des robots et à concevoir des objets en trois dimensions, avant même le collège. L'incubateur, dont le nom signifie Cameroon Youth School Tech Incubator, intervient depuis Bastos, à Yaoundé, derrière l'ambassade de Russie. Il a été fondé à l'initiative de l'informaticienne camerounaise Arielle Kitio, figure régulièrement citée par la presse panafricaine pour son travail sur l'inclusion numérique des jeunes et des femmes. Titulaire d'un baccalauréat scientifique obtenu à quinze ans puis d'un master en informatique, elle a longtemps travaillé comme développeuse avant de se consacrer à la pédagogie numérique, selon Forbes Afrique.

Deux sources indépendantes ne s'accordent pas sur l'année de naissance de la structure : 2017 pour Forbes Afrique, 2018 pour We Are Tech Africa. Aucun document consulté cette semaine ne permet de trancher. Le site caysti.com, lui, semblerait ne plus être pleinement fonctionnel au moment de la rédaction, sans que cela puisse être établi avec certitude : les programmes présentés paraissent désormais hébergés sous la marque Club TECH, à l'adresse clubtech.academy, qui se présente en pied de page comme propriété de CAYSTI. Ce que les sources confirment tient en une phrase : rendre les disciplines STEAM, sciences, technologie, ingénierie, arts et mathématiques, accessibles à des enfants de six à quinze ans, dans un pays où l'accès aux outils numériques reste inégal selon le milieu et la région.

Concrètement, Club TECH structure l'offre en modules : programmation en Python, robotique, électronique, impression et modélisation 3D, art graphique, intelligence artificielle et objets connectés, complétés par des activités dites « débranchées » pour la pensée informatique sans écran. Une équipe de coachs y est nommée, dont Ange Madiobou et Loïc Mbogne. Le produit historique de la structure, abcCode, permettait d'apprendre à coder dans une langue maternelle plutôt qu'en anglais seul, une manière concrète de limiter une barrière que beaucoup d'écoles ignorent encore. CAYSTI s'inscrit ainsi dans un écosystème camerounais où l'ambition numérique nationale rencontre des réalités de terrain, un constat qu'ECONUMA documente régulièrement au fil de ses portraits d'acteurs.

Sur les chiffres de fréquentation, les sources divergent nettement. Aucune n'a pu être confirmée en direct cette semaine. We Are Tech Africa avançait, en juin 2023, plus de 28 000 enfants formés, dont 60 % de filles. Forbes Afrique citait, en avril 2023, un chiffre attribué à la fondatrice elle-même : plus de 9 000 enfants. Les deux chiffres sont rapportés tels quels, non arbitrés. CAYSTI porte aussi TechWomenFactory, lancé en 2022. L'objectif déclaré : former 2 000 femmes d'ici 2026, avec un taux d'insertion professionnelle visé de 75 %, un effort comparable, sur le fond, à ce que tente Silicon Mountain, l'écosystème technologique de Buea, déjà présenté dans cette même série.

Autre signe d'activité concrète : Club TECH a organisé une édition camerounaise du Youth Tech Challenge Africa. Une compétition régionale sur l'agriculture durable, ouverte aux 9 à 16 ans, documentée pour l'édition 2024. Aucune édition 2026 n'a pu être confirmée à ce jour.

ECONUMA présente un bâtisseur de l'écosystème numérique camerounais. Le #SamediHub de la semaine prochaine circule d'abord sur ECONUMA GO DIGITAL. Suivre le fil.

Pour un parent ou un établissement scolaire, la rentrée est la fenêtre pratique où se décident les inscriptions et les partenariats. Le canal de contact qui a pu être vérifié fonctionnel cette semaine passe par clubtech.academy, l'adresse clubtech@caysti.com et le numéro +237 6 59 92 36 88, pour un accueil annoncé à Bastos ou à distance. Les tarifs eux-mêmes n'ont pas pu être confirmés de façon indépendante et doivent se vérifier directement avant toute démarche. L'enjeu dépasse la simple inscription. Un enfant initié tôt au code peut, des années plus tard, se retrouver devant les mêmes choix de carrière que raconte, sur ECONUMA, le métier d'ingénieur logiciel vu par Churchill Mambe Nanje.

Aucun fait daté de moins de dix jours, ouverture, financement, distinction ou partenariat signé, n'a pu être confirmé cette semaine par une source indépendante. Cette édition assume donc un ancrage saisonnier, la veille de la rentrée 2026, présenté comme tel plutôt que comme une actualité chaude. Les points de veille pour les semaines qui viennent : confirmer si clubtech.academy a bien remplacé caysti.com comme canal principal, si une édition 2026 du Youth Tech Challenge Africa est prévue, et l'écart persistant entre les deux chiffres de fréquentation cités plus haut. CAYSTI illustre, à sa mesure, un pari partagé par une bonne partie de l'écosystème camerounais, celui de commencer l'inclusion numérique le plus tôt possible, avant que l'écart ne se creuse.