Les indicateurs de connectivité montrent une progression des usages numériques au Cameroun, mais aussi des limites persistantes en matière d’accès effectif, de qualité de service et d’accessibilité financière. Pour une lecture rigoureuse, ce document distingue les données observées des prévisions de marché et évite de confondre couverture réseau, nombre de connexions et nombre d’utilisateurs.

Tableau de bord numérique - début 2025

Indicateur Valeur Précision méthodologique
Population estimée 29,5 millions Base de calcul des taux de pénétration
Utilisateurs d’Internet 12,4 millions Personnes utilisant Internet
Pénétration Internet 41,9 % Part de la population utilisant Internet
Population non connectée 17,1 millions Environ 58,1 % de la population
Connexions mobiles actives 25,5 millions Ne correspond pas au nombre de personnes uniques
Connexions mobiles rapportées à la population 86,3 % Une personne peut détenir plusieurs cartes SIM
Connexions mobiles à haut débit 83,6 % des connexions mobiles Comprend les connexions 3G, 4G ou 5G
Débit descendant fixe médian 9,48 Mbps Mesure distincte de la vitesse mobile
Couverture 4G À vérifier dans la source Statista Préciser si l’indicateur porte sur la population, le territoire ou les localités
Exportations de services TIC par habitant 3,05 USD* Prévision Statista à confirmer dans la source primaire
Dépenses des consommateurs en équipements TIC 252,67 millions USD* Prévision Statista à confirmer dans la source primaire

* Les deux derniers indicateurs doivent être présentés comme des prévisions Statista, avec indication de l’édition et de la date de consultation.

État des infrastructures et des usages

Accès et inclusion numérique

Au début de 2025, le Cameroun comptait environ 12,4 millions d’internautes, soit 41,9 % de la population estimée à 29,5 millions d’habitants. Près de 17,1 millions de personnes restaient donc hors ligne. L’enjeu central consiste moins à annoncer un taux de couverture qu’à garantir un accès réel, régulier, abordable et utile aux services numériques.

Le pays comptait également 25,5 millions de connexions mobiles actives. Cet indicateur ne doit pas être assimilé au nombre d’utilisateurs uniques, car une même personne peut détenir plusieurs cartes SIM, plusieurs abonnements ou des lignes dédiées à la voix, aux données et aux usages professionnels.

Réseaux et performance technique

L’extension des réseaux 3G et 4G a amélioré la disponibilité de l’Internet mobile. Cependant, la couverture déclarée ne renseigne pas à elle seule sur la qualité réelle du service : stabilité, débit disponible aux heures de pointe, latence, continuité électrique et coût du forfait restent déterminants.

Le débit descendant médian de l’Internet fixe était de 9,48 Mbps au début de 2025. La valeur antérieure de 3,73 kbit/s a été retirée, car son unité et son périmètre de mesure n’étaient pas vérifiables. Toute comparaison future devra préciser s’il s’agit d’une connexion fixe ou mobile, d’un débit moyen ou médian, ainsi que l’unité de mesure, en Mbps.

Enjeux économiques et territoriaux

Les exportations de services TIC par habitant, annoncées à 3,05 USD dans les prévisions initiales, soulignent le potentiel encore insuffisamment valorisé des services numériques camerounais. De même, les dépenses des consommateurs en équipements TIC, estimées à 252,67 millions USD, traduisent l’existence d’un marché, mais ne doivent pas être présentées comme des investissements publics ou privés mobilisés.

Trois défis structurants demeurent :

  1. Fracture territoriale : les zones rurales et périurbaines sont plus exposées aux insuffisances de couverture, de capacité réseau, d’alimentation électrique et d’accès aux terminaux.
  2. Qualité de service : la disponibilité d’un réseau ne garantit ni un débit suffisant ni la continuité nécessaire aux usages éducatifs, administratifs et professionnels.
  3. Accessibilité financière : le coût des terminaux, de la donnée et de l’énergie peut limiter l’usage régulier, même dans les zones couvertes.

Recommandations pour les acteurs du secteur

  • Régulateur et pouvoirs publics : publier des indicateurs ouverts et comparables sur la couverture réelle, les débits, les interruptions de service et les prix par région ; encourager le partage d’infrastructures entre opérateurs.
  • Opérateurs : renforcer la capacité des réseaux au-delà des grands centres urbains, améliorer la qualité de service et proposer des offres de données adaptées aux revenus irréguliers.
  • Collectivités territoriales : identifier les zones blanches prioritaires, faciliter le déploiement d’infrastructures et soutenir les points d’accès communautaires.
  • Entreprises et startups : développer des services sobres en données, compatibles avec les terminaux d’entrée de gamme et intégrant les moyens de paiement mobile.
  • Établissements scolaires et universitaires : mutualiser les connexions haut débit, déployer des espaces numériques partagés et renforcer les compétences numériques pratiques.

Perspectives

Le Cameroun dispose d’un potentiel numérique réel, soutenu par une forte diffusion de la téléphonie mobile. La prochaine étape consiste à transformer cette connectivité en accès utile et inclusif : services publics numériques fiables, éducation en ligne, commerce électronique, finance digitale, contenus locaux et outils de productivité pour les petites entreprises.

L’évaluation des progrès devra s’appuyer sur des sources clairement identifiées et des indicateurs homogènes. Les données observées doivent être distinguées des prévisions ; la couverture doit être distinguée de l’usage effectif ; et les connexions mobiles doivent être distinguées des utilisateurs uniques.

Sources

  • DataReportal, Digital 2025: Cameroon : données sur les utilisateurs d’Internet, les connexions mobiles et le débit fixe médian, consulté en août 2026.
  • Statista, Digital & Connectivity Indicators - Cameroon : source à citer avec l’édition exacte, la date de consultation, l’année de prévision et la définition des indicateurs.