Le 1er octobre 2026, à Yaoundé, le ministère des Postes et Télécommunications a rétrocédé quatre plateformes numériques au ministère de l'Agriculture et du Développement rural, dans le cadre du PATNUC. Le même jour a démarré la collecte de 27 300 échantillons de sols dans cinq régions, l'Extrême-Nord, le Nord, l'Adamaoua, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Selon News du Cameroun, qui cite Cameroon Tribune, 91 personnes conduites par le Centre mondial de l'agroforesterie (ICRAF) disposent de cinq mois pour livrer. Les métiers de l'agritech au Cameroun quittent ainsi les discours pour les cahiers des charges. Agronome-data, technicien IoT, géomaticien : les trois intitulés circulent beaucoup, et les documents publics n'en confirment qu'un.
Ce géomaticien figure dans la demande de propositions émise par le PATNUC le 4 février 2026 pour la campagne de sols. Six profils y sont exigés. Un chef de mission, bac+5 en sciences du sol. Un cartographe des sols, bac+5 en géographie ou géomatique, dix ans de pratique. Un expert en géomatique, bac+3 et cinq ans d'expérience, chargé d'interpréter et de produire les cartes. Un agropédologue, un climatologue, puis un spécialiste du système d'information, bac+3 en informatique et cinq ans de SIG. Sur le terrain, chaque chef d'équipe encadre quatre techniciens et deux manœuvres : relevé GPS du point de prélèvement, fiches de collecte, analyses de pH et de NPK. Le texte prévoit aussi le recours aux étudiants des écoles agricoles agréées. Ces relevés alimentent la carte de fertilité, première brique d'un crédit agricole fondé sur la donnée.
L'agronome-data, lui, ne porte ce nom dans aucune annonce retrouvée. Deux textes récents le décrivent pourtant de près. Le 26 septembre, le cabinet EBI a diffusé sur MinaJobs une offre de chef de département Agriculture de précision, pour un groupe agro-industriel non nommé, en CDI à Bagodo, dans l'Adamaoua. Le profil : bac+5 en agronomie, géomatique ou sciences des données appliquées à l'agriculture, sept ans d'expérience, maîtrise des SIG, de la télédétection, des drones et de la Business Intelligence. Le 30 septembre, l'ARMP a mis en ligne un avis du PATNUC, daté du 28, pour une enquête de satisfaction de trois mois. L'équipe demandée réunit un statisticien bac+5, un expert TIC, un « expert agronome » rompu aux projets agrotechnologiques et des enquêteurs bac+3 formés à ODK ou KoboToolbox. Ces profils hybrides rejoignent les métiers du numérique que la SND30 attend.

Le technicien IoT agricole reste le plus discret. Aucune offre vérifiée ne porte cet intitulé ; capteurs connectés et IoT n'apparaissent que parmi les outils du poste diffusé par EBI. Quatrième intitulé en circulation, le community manager agricole n'a laissé qu'une trace ancienne : une annonce de Jangolo à Douala, datée du 11 février 2024 sur MinaJobs, bac+3 et deux ans d'expérience.
La rémunération, elle, demeure sans chiffre. EBI et Jangolo affichent un salaire « à négocier » sur MinaJobs. Les avis du PATNUC ne publient aucun montant. En septembre 2025, le même projet ouvrait quatre postes à Yaoundé, dont un développeur web fullstack et un financier agricole : contrat d'un an renouvelable, probation de trois mois, salaire « à négocier ». Deux repères existent, fragiles. Paylab situe l'ingénieur agronome entre 102 146 et 238 213 FCFA bruts par mois, pour les 80 % centraux de moins de vingt répondants, sans lien établi avec l'agritech. L'enquête Histoires de CM, publiée le 1er novembre 2023, annonce 200 000 FCFA de salaire moyen pour plus de 110 community managers, dont 32,5 % de freelances, sans préciser brut ou net. Pour se mettre à niveau, la formation en ligne ouverte par le PATNUC aux agents publics donne une première piste.
Deux portes restent ouvertes cette semaine. L'offre d'EBI se dépose en ligne sur le site du cabinet, qui l'affiche jusqu'au 1er novembre 2026. L'avis du PATNUC reçoit les manifestations d'intérêt jusqu'au 15 octobre 2026, 16 heures, par courriel ou sous pli fermé à l'Unité de gestion du projet, à Bastos. Il s'adresse aux cabinets d'au moins huit ans d'existence ; un consultant y entre par l'équipe d'un bureau d'études. Le dossier réunit une lettre, la justification du statut juridique et les preuves des missions passées : copies de marchés similaires, procès-verbaux de réception ou attestations de service fait. L'avis prévient : toute information non justifiée sera sans importance.
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Hors le CDI proposé par EBI, ces emplois ont une forme, la mission, et un calendrier. Trois mois pour l'enquête. Cinq mois pour la collecte des sols. Un an pour les postes du projet, dont la clôture est prévue en mars 2027. Les quatre plateformes, elles, resteront : leur exploitation, leur maintenance, leur sécurisation et leur mise à jour incombent désormais au ministère de l'Agriculture, a indiqué Minette Libom Li Likeng. Le nombre d'agents affectés à ces outils est non indiqué dans la source. Premier rendez-vous de veille : les résultats de la collecte, attendus sous cinq mois. La carte attire les regards ; le contrat décide des carrières.
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