Du 13 au 18 juillet 2026, Yaoundé regroupe la majeure partie de l'actualité tech et touristique du Cameroun. Le tourisme numérique s'invite au cœur de la capitale. Jeudi 16 juillet s'ouvre la deuxième édition de la Grande Foire du Voyage et du Tourisme International. Trois jours d'exposition, de formations et de rencontres d'affaires suivent. Agences de voyages, hôteliers, investisseurs et jeunes diplômés convergent vers la Sous-Préfecture de Tsinga. Pour une filière engagée dans une course à la digitalisation, l'événement fait figure de rendez-vous test.

Global Travel and Services (GTS Group SARL) organise l'événement. La structure, codirigée par le Dr. Mac Donald Kom et Agnès Ondoa, répond à un constat partagé dans la Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale : les pratiques locales accusent un retard technologique face aux standards des marchés émetteurs mondiaux. Quatre profils sont visés : agences en quête d'automatisation, hôteliers désireux d'optimiser leur taux d'occupation par le marketing numérique, investisseurs sous-régionaux en recherche d'opportunités dématérialisées, jeunes diplômés visant les compétences de la mobilité internationale.

Sur le plan commercial, GTS Group segmente son offre en portefeuilles nommés Packs : B2B pour l'exposition et le networking, Éducation pour l'orientation vers les études à l'étranger, Tourisme pour les circuits et réservations, Rencontre pour l'intermédiation d'affaires, Finance pour le crédit de transport et l'amorçage entrepreneurial. Les transactions passent par Orange Money, MTN Mobile Money, PayPal et carte bancaire, un choix qui traduit une volonté d'inclusion financière plutôt qu'un simple confort logistique. La foire fonctionne ainsi moins comme une exposition passive que comme une place de marché intégrée.

Pour répondre aux besoins de digitalisation identifiés, GTS Group lance en parallèle une formation gratuite en marketing digital, ouverte en ligne à l'ensemble des acteurs économiques du pays. Cinq modules structurent le programme : fondamentaux du marketing digital, gestion des réseaux sociaux, publicité en ligne, personal branding et bases de l'e-commerce. Cette dynamique converge avec un mouvement plus large de digitalisation des services publics liés au transport. Le Ministère des Transports a par exemple déployé des applications web pour authentifier en temps réel les documents de circulation, une initiative détaillée dans le dossier d'ECONUMA sur la lutte contre les faux titres de transport au Cameroun, qui vise à réduire la circulation de faux certificats d'immatriculation.

La foire de Tsinga intègre également le casting de Miss Travel 2027, pensé comme un outil de diplomatie d'influence culturelle plutôt que comme un simple concours de beauté. Les candidates portent des projets de voyage responsable, d'écotourisme et d'autonomisation économique locale. Un partenariat signé en octobre 2025 entre l'IFPAC, branche formation du groupe, et l'IÉSEG School of Management ouvre des couloirs de mobilité vers la France, le Canada et la Russie. L'impact économique attendu se lit à trois niveaux. En direct, par la hausse d'activité de l'hôtellerie durant l'événement. En indirect, par les gains d'efficacité issus de la formation digitale. En induit, par les investissements transfrontaliers captés lors des sessions B2B.

Cette semaine s'inscrit enfin dans un contexte plus large où l'intelligence artificielle gagne du terrain dans la mobilité camerounaise. Yango a récemment révélé que son premier hackathon organisé au pays a réuni plus de trois cents jeunes développeurs autour de modèles prédictifs de temps de trajet, un signal de l'appétit croissant pour ces outils que détaille cette analyse d'ECONUMA sur l'intelligence artificielle au Cameroun.

Du côté d'Orange Cameroun, le Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen-Orient a désormais ses lauréats nationaux. La finale de la seizième édition a enfin révélée  ses lauréats dont la cérémonie, s'est tenue à Douala sous la présidence du Directeur Général Patrick Benon. Sur plus de 570 candidatures et dix finalistes incubés trois semaines à l'Orange Digital Center, quatre projets se partagent une enveloppe de 19 500 000 FCFA. Premier prix pour Juvis Anzia et INTELLIBRA, un dépistage précoce du cancer du sein par échographie, imagerie thermique et intelligence artificielle. Deuxième prix pour Isaac Touza et NDEMRI, un conseil agricole transmis par SMS aux zones sans connexion internet. Troisième prix pour Arolle Aguekeng et IDEM, une plateforme multi-agents qui automatise la création d'entreprise sur des serveurs africains. Prix Spécial Féminin pour Murielle Kombou Komga et GAIACORE, une irrigation solaire pilotée par intelligence artificielle, jusqu'à 40 % d'eau économisée.

Chaque lauréat reçoit six mois d'accompagnement à l'Orange Digital Center avant d'affronter, à l'international, les champions de dix-sept autres pays. Deux d'entre eux, NDEMRI et GAIACORE, misent sur l'exécution locale des calculs plutôt que sur des serveurs distants : une architecture qui s'impose comme l'option la plus viable pour couvrir des zones rurales dépourvues d'infrastructures stables.

Yaoundé forme ses agents du tourisme. Yaoundé teste ses outils de mobilité. Douala consacre, la même semaine, ses talents en intelligence artificielle appliquée. Entre formation gratuite, foire commerciale et algorithmes embarqués, le pays assemble, pièce par pièce, les fondations d'un secteur qui ignorait hier la donnée et qui la réclame aujourd'hui. Reste à savoir si cette effervescence de juillet, répartie entre deux métropoles, suffira à construire une filière touristique et une mobilité réellement interconnectées.

Combien de temps faudra-t-il au Cameroun pour transformer cette effervescence de juillet en avantage durable ?