Le 7 juillet 2026, Zixtech Hub a étendu à l'espace CEEAC son programme de renforcement des capacités sur la Zone de libre-échange continentale africaine, ouvert une semaine plus tôt au Cameroun avec le Centre du commerce international et l'Union européenne. La structure qui porte ce dispositif tient dans une adresse, rue Adamu, quartier Isokolo, à Limbe. Fondée en 2017 par Paul Mbua, dans le prolongement d'une activité de formation lancée au début des années 2010, elle occupe une position rare dans l'écosystème camerounais. Elle forme, elle incube, elle accélère, et elle facture du conseil pour financer le reste.

Le modèle tient moins de l'école de code que de l'atelier de maturation. Ateliers sur mesure, renforcement de capacités, conception de curriculums pour d'autres incubateurs, des universités et des bailleurs : le catalogue se vend avant de s'afficher. Les domaines annoncés couvrent le développement web, le marketing digital, la maintenance informatique et l'intégration de solutions d'intelligence artificielle, adossés à des modules de gestion, de structuration juridique et de modélisation financière. La formation y sert l'incubation autant que l'incubation y prolonge la formation. Le sous-thème du mois, les filières porteuses, trouve ici une réponse oblique. La donnée et l'IA n'y constituent pas des cursus certifiants autonomes, elles arrivent greffées sur l'agriculture, le climat ou le commerce. Cette manière de faire pousser la compétence sur un projet éclaire un écosystème national tendu entre ambition affichée et réalités de terrain.

Les résultats vérifiables se lisent surtout dans le vert. Choisi hub chef de file pour l'agriculture intelligente dans le programme continental Greenovation, le hub y a piloté une incubation annoncée à six mois, prolongée de trois mois de post-incubation, avec une subvention d'amorçage de trois mille trois cents euros pour les trente candidats retenus. Quatre entreprises sont citées nommément par la structure comme ayant achevé ce parcours, Sustainable Farming Solutions au Malawi, Demasko Farms au Ghana, Irri-Hub KE et AgriTech Analytics au Kenya. Le Centre du commerce international l'a ensuite retenu comme facilitateur régional du Youth Ecopreneur Programme 2025-2026, pour une cohorte d'environ vingt-cinq écopreneurs d'Afrique centrale. Le hub revendique par ailleurs plus de cent cinquante start-up et deux mille entrepreneurs accompagnés depuis 2017, chiffres déclaratifs qu'aucune source indépendante ne confirme. Cette économie de l'attestation, l'écosystème de Buea la connaît de longue date.

Reste la question que se pose le lecteur, comment y entrer. La réponse décevra qui cherche un catalogue. Zixtech Hub ne publie ni calendrier de rentrée, ni grille tarifaire, ni liste de certifications délivrées. L'accès passe par des appels à candidatures ponctuels, adossés chacun à un partenaire et à son financement, diffusés sur le site du hub et ses réseaux sociaux. Les critères changent d'un programme à l'autre, moins de trente-cinq ans et anglais courant pour Greenovation, entreprise dirigée par une femme et un an d'activité pour RevUp Women mené à Yaoundé avec AfriLabs et la Visa Foundation, statut d'entrepreneur ou d'organisation de jeunesse pour le volet ZLECAf. Qui cherche un parcours technique daté, avec une salle et un horaire, regardera plutôt du côté des dispositifs de formation gratuite comme celui de Douala.

Chaque samedi, ECONUMA présente un bâtisseur de l'écosystème numérique camerounais. Le #SamediHub de la semaine prochaine circule d'abord sur ECONUMA GO DIGITAL. Suivre le fil.

Ce fonctionnement par opportunités a un coût et une vertu. Il expose le hub au calendrier de ses bailleurs, ITC, Union européenne, AfriLabs, GIZ, Union africaine, dont dépend la gratuité offerte aux candidats. Il lui donne en échange un rayonnement continental sans campus, que peu de structures camerounaises revendiquent. Les quatre entreprises diplômées de Greenovation venaient du Malawi, du Ghana et du Kenya, aucune du Cameroun, signe que la sélection a primé sur la proximité. Le pôle conseil, vendu aux ministères, aux ONG et aux entreprises, finance la part que les subventions ne couvrent pas. Paul Mbua siège au groupe consultatif du secteur privé du D4D Hub et intervient comme expert pour le projet SAIS de la GIZ, deux positions qui alimentent ce carnet d'adresses.

Un doute mérite d'être posé avant le point final. La portée panafricaine s'écrit différemment selon les documents, huit pays dans la présentation la mieux sourcée, plus de dix-sept dans une note de synthèse consultée pour cet article. Représentation ne vaut pas bureau, projet mené ne vaut pas implantation. Trois points de veille restent à confirmer auprès de Zixtech Hub avant la prochaine édition, l'existence d'une cohorte ouverte au Cameroun en 2026, le nombre réel de pays où la structure opère, et le devenir des quatre start-up diplômées de Greenovation. Un hub se juge à ce qu'il laisse derrière lui, moins qu'à ce qu'il annonce devant.